Le français doit être « prédominant » sur les enseignes des commerces dès dimanche
Les entreprises du Québec ont jusqu’à minuit pour avoir commencé à se conformer : à compter de dimanche, le français devra apparaître de façon « nettement prédominante » sur leurs enseignes et leurs produits. Même si « Canadian Tire » ne deviendra pas « Pneu canadien » demain matin, la tâche est quand même loin d’être simple, déplorent certains commerçants. Les dernières dispositions de la Elles prescrivent notamment que les Best Buy, Home Depot, Canadian Tire, Winners et autres entreprises dont le nom n’est pas en français doivent ajouter des descriptifs en français à leurs façades ou qu’elles en retirent leur nom pour ne conserver qu’un logo. Cette tâche considérable pourrait nécessiter des travaux de plusieurs millions de dollars. À la veille de la date butoir, le président pour le Québec du Conseil canadien du commerce de détail, Michel Rochette, a indiqué qu’ Il a expliqué que pour modifier son affichage extérieur, un commerce doit faire valider les changements qu’il souhaite apporter non seulement auprès du gouvernement québécois mais aussi de son administration municipale. La solution que propose Québec, Le reportage de Camille Kasisi-Monet Dans une déclaration écrite, le cabinet du ministre responsable de la Langue française, Jean-François Roberge, se dit conscient Dès dimanche, M. Rochette déplore le flou qui persiste autour de cette flexibilité accordée par le gouvernement. C’est une immense épée de Damoclès qu’il y a sur les épaules [sic] des entreprises et qui repose sur la qualification de ce que veulent dire les mots "bonne foi". À la première infraction, les contrevenants s’exposent à des amendes pouvant aller de 3000 $ à 30 000 $ par journée d’infraction. La loi 96, qui modifie la Charte de la langue française, prescrit aussi qu’une description en français doit figurer sur les emballages des produits vendus. Généralement, cette disposition n’est pas un problème pour les produits vendus à grande échelle, mais elle pourrait forcer des boutiques spécialisées à retirer certains articles de leurs rayons. Mario Charette, qui travaille pour les magasins d’instruments de musique Long & McQuade, donne l'exemple des cordes de guitare, dont les emballages ne sont pas traduits en français mais qui sont une vache à lait pour cette entreprise. Les deux principaux fabricants de cordes de guitare, Ernie Ball et D'Addario, sont américains et ne traduisent rien de ce qu'ils envoient au Québec. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada Pour ses fournisseurs, le marché québécois Pour éviter de retirer des produits de ses tablettes, Long & McQuade devrait apposer des étiquettes sur les emballages non traduits, ce qui représenterait M. Charette craint que si ses clients ne trouvent plus les articles spécifiques qu’ils cherchent en magasin, ils se tourneront vers Internet. Le mois dernier, le ministre Roberge a assuré à Radio-Canada que les boutiques en ligne devront elles aussi se conformer aux règlements et que les contrevenants se feront poursuivre par l’Office québécois de la langue française. Mario Charette doute que les géants du commerce en ligne se conforment. Aux États-Unis, d’ailleurs, la Avec les informations de Véronique Morinloi 96
, ou Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français, de son nom officiel, entrent en vigueur le 1er juin.un grand nombre d’entreprises ne seront pas capables d’être conformes et ce n’est pas une question de volonté, c’est vraiment une question de capacité et de faisabilité
.ce n’est pas de transformer le nom mais d’ajouter des mots autour. Et c’est exactement ce que les Villes ne veulent pas
, a-t-il dit en entrevue à RDI.Les entreprises vont trouver des solutions, mais donnez-leur le temps
, a exhorté M. Rochette.
qu’il s’agit de changements importants et que certaines entreprises ont besoin de temps pour se conformer
.les commerçants doivent au minimum être en mesure de démontrer qu’ils sont engagés dans le processus de conformité
, poursuit le cabinet.On nous dit : "On va être conciliants jusqu’à ce qu’on change d’idée."
Un casse-tête pour les magasins spécialisés

représente une si petite partie de leur chiffre d’affaires
qu’il ne vaut pas la peine de changer les emballages. Dans un tel marché de niche, Long & McQuade ne trouve carrément pas de substituts
à certains articles.beaucoup de charge de travail
et nécessiterait l’embauche d’un graphiste et l’achat d’imprimantes dans toutes les succursales, a indiqué M. Charette.Ça met en péril nos magasins au Québec
, a-t-il déploré en entrevue à RDI.Ça va favoriser les compagnies sur Internet, les Amazon de ce monde, au détriment des magasins installés au Québec.
barrière technique
que représente la loi 96 soulève des préoccupations depuis plusieurs années.
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